VRAI Learning : transmettre le savoir grâce à l’IA

Peut-on révolutionner l’apprentissage grâce à l’intelligence artificielle ? C’est ce que croient les fondateurs de la start-up VRAI Learning, incubée à EuraTechnologies. Marc Sellier et Christèle Simeoni se concentrent sur l’apprentissage immersif avec la réalité virtuelle, à laquelle ils ajoutent de l’intelligence artificielle et un avatar 3D.

Marc Sellier et Christèle Simeoni, les deux fondateurs de VRAI Learning. ©Léna Heleta
Marc Sellier et Christèle Simeoni, les deux fondateurs de VRAI Learning. ©Léna Heleta

«On veut dépoussiérer un peu les choses en ce qui concerne l’apprentissage». Les mots sont lâchés dès le début par Marc sellier, co-fondateur de la start-up VRAI Learning avec Christèle Simeoni en mars 2023 et désormais incubée à EuraTechnologies. Le principe, qui s’adresse principalement aux entreprises, est assez clair : un univers est recréé par la réalité virtuelle, généralement en 3D, pour vivre une situation choisie en étant «immergé et déconnecté du réel», explique-t-il. Ainsi, contrairement à une situation réelle, avec cette immersion 3D, l’erreur est sans conséquence directe, mais se rapproche malgré tout de l’univers réel, tout en étant plus sécurisé et sécurisant. Par exemple, pour un exercice de lutte anti-incendie au sein d’une entreprise, il n’est plus nécessaire de faire venir un spécialiste qui va mettre le feu à un baril et expliquer comment l’éteindre ; la réalité virtuelle peu le faire, accompagnée par un avatar 3D, guidé par l’IA. «L’intelligence artificielle a ce rôle d’accompagnant et d’écoute pour garantir un approfondissement de l’apprentissage», ajoute Christèle Simeoni.

L’utilisation de l’immersion et de l’intelligence artificielle lors des exercices n’empêche pas, ensuite, de le faire en situation réelle. Cet entraînement est également inclusif. En effet, les capacités d’apprentissage diffèrent d’une personne à l’autre et certaines peuvent «avoir peur de l’erreur et du regard social, et donc avoir un taux d’acquisition différent», souligne Christèle Simeoni. Cette volonté d’inclusion concerne également les personnes en situation de handicap, qui pourraient avoir des difficultés à se déplacer, mais qui auraient la possibilité de suivre la même formation avec cette solution.

S'implanter dans les universités de l'hexagone

La technologie de VRAI Learning séduit, puisque depuis fin 2024, huit clients, majoritairement de la région Hauts-de-France, se sont manifestés, venus de secteurs différents, comme le nettoyage industriel, l’automobile, la cybersécurité ou encore une université. Car l’objectif est aussi là pour Vrai Learning : faire son entrée au niveau du système éducatif français. Au sein des laboratoires de chimie de l’université, la solution - donc l’avatar 3D accompagné par l’intelligence artificielle - «va soutenir le professeur, l’aider à manipuler la molécule 3D et ludifier l’évaluation», explique Marc Sellier. 

Pour les cofondateurs, il y a un marché important qui peut se dessiner au sein des formations supérieures et professionnelles, car il y a «une envie de la part de l’Éducation nationale d’intégrer ce genre de solution et nous sommes énormément sollicités pour faire des démonstrations». La présence de l’intelligence artificielle au sein des cours à l’université peut poser question pour certains, mais VRAI Learning se veut rassurant sur ce point en affirmant vouloir uniquement «seconder le sachant et non le remplacer. Nous voulons surtout que la maîtrise du processus d’apprentissage soit toujours garantie par le professeur. L’intelligence artificielle ne sera qu’un outil qui va le soutenir. Nous sommes dans cette posture-là», ajoute Marc Sellier. Ainsi, un avatar créé par Vrai Learning ne parlera ni de politique ni de religion. Et si, au niveau universitaire, l’avatar doit se retrouver en cours de science politique ou sociale, alors il sera «entraîné» pour ne pas avoir de failles pouvant poser problème.

Actuellement, les avatars sont entraînés à ressentir des émotions, que ce soit «de l’anxiété, de la nervosité ou de l’empathie de façon naturelle», sourit Marc Sellier. Ce déploiement d’émotions complexes fait partie des outils de formation professionnelle de certains secteurs, notamment le médical et la psychiatrie et est essentiel, bien que cela puisse être déroutant pour des non-initiés, et Marc Sellier le sait : «Nous ne sommes pas des apprentis sorciers, mais on teste des choses qui peuvent avoir des profondeurs déstabilisantes en effet». 

Pour les années à venir, la start-up cherche à rendre sa présence dans les entreprises et les universités plus importante afin de continuer à grandir et se développer. Les fondateurs ont la volonté de passer de 6 à 10 salariés d’ici la fin de l’année tout en multipliant par cinq leur chiffre d’affaires, qui atteint 100 000 euros. Cette évolution lui permettra de solidifier sa présence en France, mais aussi à l’international, puisque des tests de sa solution sont prévus aux Émirats et dans l’État de New York.

En chiffres

- 100 000 euros de chiffre d'affaires

- Six salariés actuellement

- Huit clients et plusieurs tests à l'international