Scandale de la vidéo intime: un procès requis contre le maire de Saint-Etienne
La menace d'un procès devient plus tangible pour le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau: le parquet de Lyon a requis mercredi son renvoi devant un tribunal pour "chantage" dans le cadre du scandale de la...

La menace d'un procès devient plus tangible pour le maire de Saint-Étienne, Gaël Perdriau: le parquet de Lyon a requis mercredi son renvoi devant un tribunal pour "chantage" dans le cadre du scandale de la vidéo intime qui secoue la ville depuis 2022.
Le parquet a rendu son réquisitoire définitif près de deux ans après la mise en examen de l'édile stéphanois dans ce dossier dit de la "sextape", a annoncé à l'AFP le procureur de Lyon Thierry Dran.
Il demande que le maire soit jugé pour "chantage, soustraction, détournement de fonds publics par un dépositaire de l'autorité publique et participation à une association de malfaiteurs", précise le procureur dans son communiqué.
Il revient désormais au juge d'instruction, qui a clos son enquête le 12 février, d'ordonner un procès ou non. La défense a jusqu'à la mi-mai pour formuler ses remarques et la décision devrait intervenir dans la foulée, ce qui laisse la porte ouverte à un jugement avant les élections municipales de 2026.
L'affaire porte sur une vidéo montrant l'ancien Premier adjoint centriste Gilles Artigues, un rival potentiel du maire, en train de se faire masser par un escort-boy dans une chambre d'hôtel à Paris en janvier 2015.
Gaël Perdriau est soupçonné d'avoir exigé "la loyauté politique" de Gilles Artigues, "des arbitrages électoraux et son absence d'opposition aux décisions du maire" contre la non divulgation de ce film, selon un document judiciaire consulté par l'AFP.
Exclu du parti Les Républicains et vilipendé par ses opposants, le maire a toujours clamé son innocence et refusé de démissionner, mais il s'est mis en retrait de ses fonctions à la métropole.
Interrogé par l'AFP sur le réquisitoire du parquet, il n'a pas voulu s'exprimer à ce stade.
Sombre affaire
L'opposition municipale de gauche a, par la voix de sa tête de file Isabelle Dumestre, espéré qu'un procès se tienne "dans les plus brefs délais" alors que le maire est "de toute évidence déjà en campagne". Gaël Perdriau n'a pas encore dit s'il briguerait un second mandat, mais l'élue socialiste souhaite que les Stéphanois puissent être "éclairés du verdict de la Justice dans cette sombre affaire" avant le scrutin.
"Il faut que les électeurs stéphanois puissent voter l'an prochain en toute connaissance de cause", a également estimé Me André Buffard, avocat de Gilles Artigues, selon lequel "les magistrats semblent vouloir aller vite".
Dans son réquisitoire, le parquet souhaite que le maire soit jugé avec trois anciens proches, soupçonnés d'avoir organisé le tournage de la sextape.
Il requiert le renvoi de son ex-directeur de cabinet, Pierre Gauttieri sur les mêmes chefs, mais aussi pour "utilisation, conservation ou divulgation d'un document ou enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel".
Le parquet demande aussi de juger son ancien adjoint à l'Éducation, Samy Kefi-Jérôme pour "atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation, enregistrement pour transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel".
Il souhaite enfin le renvoi notamment pour "complicité de chantage" de l'ex-compagnon de Samy Kefi-Jérôme, Gilles Rossary-Lenglet, qui avait révélé l'affaire à Mediapart en 2022.
choqué
En revanche, le parquet requiert un non-lieu contre deux couples à la tête d'associations stéphanoises soupçonnées d'avoir servi à rémunérer les auteurs de la sextape en échange de prestations fictives financées par la mairie.
L'enquête n'a pas permis "de caractériser (...) des charges constitutives de ces infractions", explique le procureur Thierry Dran.
Interrogé par l'AFP, Gilles Rossary-Lenglet a exprimé sa surprise sur ce point. "Je suis choqué que les quatre responsables d'association qui m'ont versé en connaissance de cause 40.000 euros, ce qui me vaut à juste titre des poursuites pour recel de détournement de fonds, soient épargnés par le parquet".
"Le parquet a fait la moitié du chemin", a pour sa part déclaré l'avocat de Gaël Perdriau, Me Jean-Félix Luciani, pour qui il serait désormais "logique" de supprimer le chef de détournement pour son client aussi.
Dans un dossier distinct, Gaël Perdriau a enregistré une satisfaction avec l'annulation mardi par la justice d'une plainte en diffamation portée contre lui par la direction d'un festival d'art burlesque stéphanois, selon les avocats des parties.
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