Mohamed Amra soumis à un "régime d'isolement extrêmement difficile", décrit Darmanin
Le narcotrafiquant Mohamed Amra, emprisonné à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) mardi soir après sa mise en examen, est soumis à un "régime d'isolement extrêmement difficile" préfigurant le régime de carcéral exceptionnel qui sera proposé au Parlement...

Le narcotrafiquant Mohamed Amra, emprisonné à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne) mardi soir après sa mise en examen, est soumis à un "régime d'isolement extrêmement difficile" préfigurant le régime de carcéral exceptionnel qui sera proposé au Parlement, a indiqué mercredi le ministre de la Justice.
"Il aura le droit à une heure de promenade par jour, seul, sans jamais croiser un autre détenu. Il aura le droit à deux heures de communications téléphoniques écoutées par les services de renseignement. Il aura le droit à trois visites par semaine, extrêmement contrôlées, avec des fouilles systématiques", a détaillé Gérald Darmanin lors d'un point presse au ministère de la Justice, au lendemain de l'incarcération de Mohamed Amra.
Le narcotrafiquant arrêté samedi en Roumanie après neuf mois de cavale a été mis en examen mardi soir, dès son arrivée à Paris, pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs.
Son évasion datait du 14 mai 2024, lorsque le détenu avait été extrait de sa cellule en Normandie, pour être amené à un juge d'instruction qui devait l'interroger.
Un commando en avait alors profité, sur un péage dans l'Eure, pour attaquer à la voiture-bélier et au fusil d'assaut le fourgon dans lequel il se trouvait, tuant deux agents pénitentiaires et en blessant trois autres.
"Aujourd'hui, nous ne sommes pas capables de garantir que ça ne se reproduise pas", a regretté le Garde des Sceaux, en évoquant cette évasion spectaculaire.
"Il nous faut un régime de détention qui nous permette d'éviter les extractions judiciaires" a-t-il continué, rappelant qu'il allait proposer au Parlement prochainement un régime carcéral exceptionnel, dans lequel "la visioconférence sera généralisée", pour éviter au maximum les sorties de détenus de l'établissement et donc les risques d'évasion.
Le ministre prévoit un isolement très strict des narcotrafiquants, selon le modèle italien, dans des établissements de haute sécurité où les "600 à 700 détenus les plus dangereux" seraient rassemblés.
Quatre prisons sont en lice pour accueillir dès juillet prochain les 100 plus gros narcotrafiquants: Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), la maison centrale de Saint-Maur (Indre), le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe (Sarthe) et la maison centrale d'Arles (Bouches-du-Rhône).
M. Darmanin a indiqué qu'il annoncerait son choix "la semaine prochaine".
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