Le Pen: syndicats et ONG dans la rue le 12 avril pour l'"Etat de droit"

Syndicats et ONG donnent rendez-vous le 12 avril pour "défendre l’Etat de droit" et dénoncer la "remise en cause" de la justice suite à la condamnation de Marine Le Pen, une mobilisation voulue plus large que l'appel...

Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), arrive au tribunal de Paris, le 31 mars 2025 à Paris © Alain JOCARD
Marine Le Pen, présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national (RN), arrive au tribunal de Paris, le 31 mars 2025 à Paris © Alain JOCARD

Syndicats et ONG donnent rendez-vous le 12 avril pour "défendre l’Etat de droit" et dénoncer la "remise en cause" de la justice suite à la condamnation de Marine Le Pen, une mobilisation voulue plus large que l'appel à manifester dimanche d'une partie de la gauche.

Un "large panel d’organisations de la société civile – syndicats, organisations antiracistes, féministes et de défense des droits humains, organisations étudiantes" appelle à se réunir "sous la forme d’un rassemblement à Paris et de mobilisations simultanées dans toutes les villes de France", selon un communiqué conjoint de la CGT et SOS Racisme.

"Lundi dernier, le Rassemblement national et plusieurs de ses dirigeants, cadres et élus ont été condamnés pour détournement de fonds publics. Cette décision de justice a donné lieu, par le RN mais également au-delà des rangs de ce parti, à de graves remises en cause de la justice et des magistrats qui la servent", dénonce le message auquel s'associe notamment la Ligue des droits de l'Homme.

Au lendemain de la condamnation de Marine Le Pen, lundi en première instance, qui l'empêche à ce stade de concourir à la présidentielle 2027 en raison de l'application immédiate d'une inéligibilité de cinq ans, le RN avait violemment riposté en dénonçant une "tyrannie des juges". 

La CGT, SOS Racisme et la LDH n'ont pas appelé à participer dimanche à Paris au rassemblement initié par les Ecologistes et LFI en réponse au meeting de soutien à Marine Le Pen prévu dans la capitale.

"Ce qui se passait autour du rassemblement de dimanche ne nous allait pas, parce qu'en fait il n'y a pas de texte d'appel", a expliqué à l'AFP Gérard Ré, membre du bureau confédéral de la CGT chargé de la lutte contre les discriminations.

"C'était vraiment trop rapide, on avait l'impression que c'était uniquement de la réaction au rassemblement de l'extrême droite", a-t-il ajouté.

Prétextes" et contorsions

L'objectif du 12 avril est de "mobiliser la société civile et donc la population de manière générale", le soutien des partis politiques relevant de leur "responsabilité", même si "tout ce qui pourra être fait pour populariser l'appel sera bienvenu", a ajouté M. Ré.

Cet appel estampillé "société civile" pourrait ainsi convenir au PS et au PCF, qui n'ont pas non plus appelé à manifester dimanche et souhaitaient une mobilisation dans un cadre plus large. 

"Si nous devons manifester, alors il faut le faire avec, et je dirais derrière, les syndicats, la magistrature, avec la société civile", affirmait samedi matin le premier secrétaire délégué du PS Nicolas Mayer-Rossignol sur Franceinfo. 

La secrétaire nationale des Ecologistes Marine Tondelier a toutefois défendu le rassemblement de dimanche, affirmant qu'elle comprendrait "mal que certains passent le week-end à se contorsionner, (...) pour trouver des prétextes pour ne pas être là".  "La République est menacée", a-t-elle justifié, sur BFMTV.

Selon elle, il y aura des communistes et des socialistes: "La base sera là", même si "les appareils décident de ne pas appeler pour des raisons qui leur appartiennent et que je respecte", a-t-elle dit, avant ce rassemblement auquel appellent aussi le syndicat Solidaires, l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante et l'association Attac.

Pour la mobilisation du 12 avril, "la liste (complète) des signataires de l'appel sera publiée mardi" et le déroulé de l'évènement pourra être précisé ensuite, selon la CGT. 

A Paris, "on se dirige vers un rassemblement à 18 heures place de la République, avec des discours et des interventions d'artistes, un peu comme ce qu'on avait fait au moment des législatives" de juin 2024, a précisé à l'AFP le président de SOS Racisme Dominique Sopo.

La Ligue des droits de l'Homme prévoit en outre, le 17 avril à Paris, "une table ronde sur les atteintes à l'Etat de droit et l'indépendance des juges" avec notamment Amnesty et le Syndicat de la magistrature, a indiqué à l'AFP sa présidente Nathalie Tehio.

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