Comptabilité

Le «nouveau monde» vu par François Lenglet à la journée Cerfrance

Ils étaient plus de 1 000 participants à avoir répondu présent à l’invitation de Vincent Loisel, président de Cerfrance Picardie Nord de Seine, pour vivre l’événement qui s’est tenu à Mégacité Amiens. Au programme : ateliers, speed business café, assemblée générale et la conférence du journaliste économique François Lenglet.

Cerfrance Picardie Nord de Seine organisait à Mégacité Amiens une journée entre ateliers, speed business café, assemblée générale et conférence.
Cerfrance Picardie Nord de Seine organisait à Mégacité Amiens une journée entre ateliers, speed business café, assemblée générale et conférence.

Agriculteurs, artisans, commerçants, prestataires de services, PME-PMI, professions libérales, associations... Ils étaient très nombreux, 1200 personnes, dans le plus grand amphithéâtre de Mégacité à Amiens pour participer à la journée riche en actualités, proposée fin janvier par Cerfrance Picardie Nord de Seine. La structure accompagne les chefs d’entreprise depuis bientôt 70 ans dans des missions de conseil et d’expertise comptable.

Après un premier atelier sur le pilotage des exploitations agricoles, les fluctuations de marchés et les aléas météo qui impactent fortement les résultats et le speed business café pour booster son réseau professionnel, le public a assisté à l’assemblée générale ordinaire durant laquelle un focus a été fait sur la réforme de la facture électronique et comment s'y préparer avant l'échéance du 1er septembre 2026. «Il s'agit de sensibilisation avant tout. Quelles conséquences cela a sur les entreprises. Il faut en effet se préparer, anticiper avec l'accompagnement de Cerfrance. Cette réforme a plusieurs objectifs comme la lutte contre la fraude fiscale, la digitalisation des entreprises et renforcer la compétitivité des entreprises. C'est tout un écosystème qui évolue vers un gain de temps, une réduction des coûts de traitement des factures, une simplification des démarches administratives et une comptabilité de plus en plus en temps réel», explique Bruno Richard, expert-comptable et responsable déontologie comptable chez Cerfrance Picardie Nord de Seine.

La journée s'est achevée avec la conférence de François Lenglet, journaliste spécialisé en économie, chroniqueur et éditorialiste dans plusieurs médias nationaux. Sa thématique portait sur : derrière les crises successives, quel nouveau monde pour les entreprises ?

La conférence de François Lenglet, journaliste spécialisé en économie, traitait du nouveau monde pour les entreprises dans cet environnement en crise.

«Un monde démondialisé se prépare»

Devant un auditoire très attentif, le spécialiste a proposé son analyse de la situation économique actuelle, au regard des grandes transformations de l'économie mondiale. «La plupart de ces crises sont liées les unes aux autres. Elles se sont mises en place lors d'une transition, comme le monde en connaît une par siècle, où tous déraillent en même temps, et ça c'est la mauvaise nouvelle, parce que l'on ne voit que la crise, mais qui finit par produire des effets assez positifs. Elle est intéressante, l'économie, quand elle est mise en résonance avec d'autres disciplines. Une clé pour comprendre l'actualité, c'est l'histoire. C'est très important d'écouter, par ailleurs ainsi, ce que les morts ont à nous dire. Ce qui se passe en France est largement dépendant de l'influence internationale», développe-t-il, avant de répondre aux questions de la salle sur l’émergence de l'IA, l'endettement, l'évolution de l'agriculture en France ou le retour des frontières :

«Nous voulons tous le retour des frontières. Et nos élites ne sont pas prêtes à cela. Elles considèrent à tort, à mon avis, que ce sont des pensées régressives qui nous font revenir le risque de guerre. Je pense que c'est un contresens absolu, au contraire. Évidemment, les guerres se produisent plutôt lorsque les gens n'ont pas le sentiment d'être protégés et qu'ils voudraient l'être. C'est un monde démondialisé qui se prépare avec des zones d'influence correspondant aux différentes grandes puissances. Il va y avoir une mondialisation chinoise. Elle est en cours. La meilleure preuve, c'est que les sanctions contre la Russie ne marchent pas. Ça ne marche pas. Parce que la Russie vend 1,1 million de barils de pétrole tous les jours à l'Inde. Parce que la Russie peut elle-même se fournir en semi-conducteur au Pakistan. Et donc une mondialisation parallèle s'est mise en place à la nôtre. Et Trump, il sait bien bousculer ça avec ses sanctions. Je ne pense pas qu'il y arrivera parce que, justement, le diable chinois est sorti de sa boîte. Donc on va avoir une planète morcelée !»