Jean-Marc Aveline, un cardinal proche des idées du pape François à la tête de l'Eglise de France

L'archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline, qui vient à 66 ans d'être élu à la tête de la Conférence des évêques de France (CEF), est un cardinal à la ligne proche du pape François et une figure emblématique de la cité...

L'archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, lors des cérémonies du 15 août 2022 à Lourdes dans les Hautes-Pyrénées © Valentine CHAPUIS
L'archevêque de Marseille, Mgr Jean-Marc Aveline, lors des cérémonies du 15 août 2022 à Lourdes dans les Hautes-Pyrénées © Valentine CHAPUIS

L'archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline, qui vient à 66 ans d'être élu à la tête de la Conférence des évêques de France (CEF), est un cardinal à la ligne proche du pape François et une figure emblématique de la cité phocéenne dont l'envergure dépasse les frontières de l'Hexagone.

Ce défenseur de la fraternité interculturelle à la personnalité souriante et affable prendra en juillet, et pour trois ans, la succession d’Éric de Moulins-Beaufort à la tête d'une Église de France encore sous le choc des révélations autour des violences sexuelles en son sein.

Ordonné évêque auxiliaire de Marseille en 2013, il a très tôt cherché à favoriser un dialogue interreligieux apaisé et à œuvrer pour la défense des migrants, deux des piliers du pontificat de François.

Chaleureux, "très centré et très ouvert" selon un de ses pairs, Mgr Aveline est d'ailleurs très apprécié du pape dont il partage l'intérêt pour le dialogue avec l'islam et la vision d'une Église davantage tournée vers le Sud global. 

Cet homme décrit comme "très apprécié" des autres évêques et "fin politique" au sein de l’Église de France a été l'un des principaux artisans de la venue de François à Marseille en septembre 2023, pour les Rencontres méditerranéennes, ce qui a contribué à faire de lui l'une des figures de l’Église de France les plus identifiées du grand public.

Ses nouvelles responsabilités à la tête de la CEF viendront s'ajouter à un agenda déjà bien chargé puisque l'archevêque de Marseille, "très attentif à sa province" selon un autre évêque, est aussi au Vatican membre du dicastère (équivalent d'un ministère pour le Saint-Siège, ndlr) pour les évêques et du dicastère pour le dialogue inter-religieux. 

Créé cardinal en 2022, il se rend donc très régulièrement à Rome, où il est considéré comme la figure de proue de l’épiscopat français. Ce qui laisse supposer à certains, au sein de l’Église de France, qu'il se reposera en partie sur les vices-présidents de la CEF. 

papabile

Né le 26 décembre 1958 à Sidi Bel Abbès (nord-ouest de l'Algérie), arrivé en métropole en 1962, ce descendant d'une lignée de pieds-noirs andalous a passé presque toute sa vie dans la cité phocéenne. "Marseille, cette ville où beaucoup échouent sans l'avoir choisie", expliquait-il en septembre 2023 à l'AFP.

Installé avec sa famille dans les quartiers populaires de la ville, ce brillant élève décide peu après son bac de devenir prêtre et non professeur ou chauffeur de bus, comme il s'imaginait enfant. 

Ordonné à Marseille en 1984, il est rapidement chargé d'enseigner la théologie dogmatique au séminaire de la deuxième ville de France. "Moins fun que d'être aumônier auprès des jeunes dans les quartiers Nord!", lance-t-il.

Fondateur de l'Institut de science et théologie des religions de Marseille en 1992, il rejoint de 2008 à 2013 le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux au sein de la curie romaine. Puis, en 2017, il est nommé président du conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux au sein de la CEF.

Le pape François le nomme archevêque de Marseille en 2019 et le crée cardinal en août 2022. Quelques mois plus tard, en avril 2023, il prend possession de l'église romaine Santa Maria ai Monti: il affirme alors être encore "un cardinal en rodage", en apprentissage de l'italien.

Depuis, l’archevêque de Marseille, réputé à Rome pour sa grande discrétion, ses capacités intellectuelles et son sens du contact, s'est progressivement fait une place au Vatican, au point de rejoindre les listes –très aléatoires– des "papabili", ces cardinaux présentés comme ayant le plus de chances de devenir pape. 

Derrière un sourire affiché en permanence aux lèvres, l'homme sait dire clairement sa vérité. Comme quand il dénonce, en 2021, les trafiquants de drogue et ces "mafias meurtrières et sans scrupule (qui) transforment la jeunesse des quartiers pauvres en chair à canon". 

Ou, en 2021 encore, lors de la messe pour les obsèques de Bernard Tapie, quand il est le seul orateur à rappeler "la part d'ombre" de l'ex-homme d'affaires et ancien président de l'Olympique de Marseille, qui avait "tutoyé aussi bien les sommets que les abîmes, les salons du pouvoir que les cellules de prison".

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