AMSOM Habitat : relancer la construction du logement social
L'Office Public de l’Habitat (OPH), dont la collectivité de rattachement est le syndicat mixte de l’Habitat de la Somme, a fêté ses 100 ans en 2020. Précurseur en matière de développement durable et de réhabilitation des friches, AMSOM Habitat a décidé, en pleine crise du logement, d'investir plus que jamais en 2025 dans la construction. Véronique Clech, la présidente, évoque ici ces projets afin de répondre aux besoins des territoires et de ses habitants.

Quelle est la spécificité de l'office ?
Notre offre de logements est adaptée aux particularités du département. Nous gérons de l'habitat collectif, largement présent à Amiens Métropole, et nous proposons aussi plusieurs milliers de logements individuels dans le département. AMSOM Habitat est le bras armé de la ville d’Amiens en matière de logement social mais offre aussi des réponses dans toutes les zones du département. L'office fait évoluer ses pratiques et services en permanence pour apporter des solutions aux évolutions de la société et de ses attentes. Tous nos projets de construction ou de réhabilitation intègrent par exemple des balcons ou terrasse, des solutions aux besoins des personnes âgées… Par ailleurs, nous actions sont internalisées au maximum, ce qui est un gage de maîtrise et de gestion en proximité.
Le développement durable est donc central pour vous ?
Un
patrimoine est fait pour durer et se doit d'être qualitatif.
Aujourd'hui, le développement durable est intégré dans ces notions
et surtout la performance énergétique des logements. Nous n'avons
pas attendu la crise de l'énergie de 2022 pour s'intéresser à ces
sujets. En 2014, le conseil d'administration a marqué une rupture.
Si bien qu'en 2015, l'office a adopté un véritable plan ambitieux
de réhabilitation énergétique, et à ce jour, ce sont plus de 7
000 logements qui en ont déjà bénéficié.
En 2020, un nouveau
projet stratégique a été adopté, dont la volonté est la
décarbonation d'une part de nos activités et d'autre part de nos
constructions. Par exemple, pour les logements neufs, nous avons
totalement abandonné le gaz et d'ici 2035, toutes nos résidences en
chauffage collectif seront raccordées à un réseau de chaleur
urbain ou équipées d'un modèle vertueux, comme une pompe à
chaleur. C'est aussi une manière de maîtriser les charges pour les
locataires.
La réhabilitation des friches fait partie de ce plan ?
Oui,
nous sommes très largement avancés dans les restructurations de
friches aussi bien parmi les bailleurs locaux qu'au niveau national
dans le monde des offices. Il y a eu une excellente anticipation de
la part de la direction générale de l'office et du conseil
d'administration de l'époque. C'est à chaque fois de magnifiques
restructurations en conservant le patrimoine industriel et le bâti
historique et ce sont plusieurs centaines de logements construits sur
du foncier déjà artificialisé. C'est plus complexe et plus
coûteux, mais notre expérience en la matière est aujourd'hui
reconnue. Et cette expérience démontre surtout que c'est
réalisable.
Quel est l'impact de la crise du logement ?
Cette
crise a engendré une explosion des demandes de logement social. Pour
le département, en décembre 2024, nous sommes à 19 000 demandes
alors que nous étions à 17 000 demandes fin décembre 2023.
L’inflation, la hausse des taux d'intérêt renchérissent l’achat
d’un logement. Compte tenu de la baisse de l’offre et du rapport
qualité prix de nos logements, moins de locataires quittent leur
logement, ce qui augmente encore la difficulté à apporter une
solution aux demandeurs.
Quelle est votre réponse face à cette crise et à la loi ZAN ?
L’Office
a anticipé depuis longtemps cette règlementation en adaptant ses
savoirs faire. Il y a un an et demi, nous avons décidé de relancer
la construction malgré ce contexte très difficile. Nous avons, en
interne, une équipe importante et performante de maîtrise d'ouvrage
et nous construisons plutôt que d'acheter en VEFA (achat à des
promoteurs). La loi ZAN impose une vision radicalement différente de
l’usage du foncier.
Cette
compétence interne et notre expérience sur la restructuration de
friches, de fonciers bâtis nous permettent de construire dans le
respect des intentions de la loi ZAN.
Quelle est votre stratégie en 2025 ?
Nous avons de nombreux défis mais toute cette anticipation et ces stratégies, couplés à une situation financière saine, nous permet de continuer à investir. Nous allons donc relancer la production de logements sociaux neufs : en 2025, l'office n'aura jamais autant investi en une seule année, en ayant programmé 128 millions d'euros de dépense, avec 83 millions dédiés à la production de locatifs neufs et 36 millions pour la réhabilitation. Ces investissements sont très importants pour les habitants et le territoire sans oublier les acteurs du BTP, AMSOM Habitat est en ce sens un acteur majeur, nous participations aussi à la vie économique locale.

Rives et Nature, l'exemplarité d'un projet
Ce projet de 40 millions d'euros, lancé en 2020 à Amiens, est un des projets exemplaires de l'office, avec une mixité d'usage, l'utilisation de matériaux biosourcés et 700 m² panneaux solaires installés. Il préfigure aussi la transformation complète d'un quartier, grâce à la requalification d'une friche industrielle, situé au bord de la Somme, à proximité du centre-ville. Ce nouveau quartier comprendra 160 appartements, 6 000 m² d'espaces verts et 5 000 m² dédiés à l'activité économique, avec des commerces, un tiers-lieu, un skatepark intérieur, une salle dédiée à la pratique sportive et un bar/restaurant.