Alstom veut accélérer sa production de trains à très grande vitesse

Confronté à une "course contre la montre" pour honorer ses nombreuses commandes de trains à très grande vitesse, Alstom a décidé d'accélérer en investissant 150 millions d'euros pour tripler ses capacités de...

Uns employé travaille sur un TGV nouvelle génération de la SNCF à l'usine Alstom de Belfort, le 29 avril 2024 © FREDERICK FLORIN
Uns employé travaille sur un TGV nouvelle génération de la SNCF à l'usine Alstom de Belfort, le 29 avril 2024 © FREDERICK FLORIN

Confronté à une "course contre la montre" pour honorer ses nombreuses commandes de trains à très grande vitesse, Alstom a décidé d'accélérer en investissant 150 millions d'euros pour tripler ses capacités de production afin d'éviter les retards de livraison.

"Nous avons fondamentalement revu notre gamme de produits", tramways, métros, trains régionaux et TGV, a expliqué sur BFM Business le directeur général du groupe, Henri Poupart-Lafarge.

Parmi ces nouveaux produits, le Avelia Horizon fait figure de fleuron. Ce train à très grande vitesse sur deux étages a été commandé à 115 exemplaires par SNCF Voyageurs, qui l'a baptisé TGV M.

Ces rames, très attendues pour répondre à l'explosion de la demande de trains, doivent être mises progressivement en service à partir de début 2026. Une véritable "course contre la montre", pour le constructeur ferroviaire français, qui a déjà enregistré plusieurs retards dans la livraison de ce matériel - initialement prévue avant les Jeux de Paris-2024.

"Ce TGV rencontre un grand succès, à la fois en France mais on l'a vendu aux Etats-Unis, nous l'avons vendu au Maroc et nous l'avons vendu au premier opérateur privé, Proxima", a également précisé sur BFM Business le directeur général d'Alstom.

Embauches

"Nous devons faire monter en capacité l'ensemble de nos usines", a-t-il ajouté. Alstom va donc doubler les lignes de chaudronnerie et d'assemblage de son usine de La Rochelle, où sont assemblés les Avelia Horizon, et créer une nouvelle ligne de production dans son usine de Valenciennes.

La création de cette nouvelle ligne, dans une usine habituée à fabriquer des métros et des RER, va absorder un cinquième des investissements prévus, soit 30 millions d'euros sur 150 millions.

L'objectif est d'arriver à "un triplement des capacités de production", a annoncé le directeur général.

Actuellement le constructeur est en mesure de sortir environ un train Avelia Horizon par mois. Il souhaite pouvoir en sortir en moyenne 2,5 par mois d'ici deux ans.

Ces investissement s'accompagneront de 1.000 embauches en France en 2025. Alstom prévoit aussi de construire un nouveau bâtiment dans son usine de Belfort, là où sont fabriquées les motrices de l'Avelia Horizon, "destiné aux activités de préparation à la mise en service commercial des trains à très grande vitesse".

Délais serrés

L'objectif est d'atteindre une meilleure régularité dans les livraisons, ce qui repose en grande partie sur la chaîne d'approvisionnement, selon M. Poupart-Lafarge.

"Nous avons eu en début d'année quelques soucis avec un certain nombre de fournisseurs. C'est d'ailleurs depuis trois ou quatre ans un souci constant compte-tenu de la situation économique", a-t-il souligné. Alstom va donc dédier une partie des 150 millions d'euros à aider ses fournisseurs à monter en puissance.

Les délais sont serrés puisque Proxima, la néocompagnie qui souhaite se lancer sur l'axe Atlantique pour concurrencer SNCF Voyageurs, a commandé 12 rames avec l'objectif de lancer son service commercial en 2028.

Le Maroc a lui commandé 18 rames et souhaite les voir livrées avant la Coupe du monde de football 2030.

Confronté à de grandes difficultés industrielles et financières en 2023, Alstom avait dû lancer il y a un an et demi un plan de désendettement qui s'est traduit par la vente de ses activités de signalisation en Amérique du Nord, la suppression de 1.500 postes administratifs et une augmentation de capital.

Le constructeur ferroviaire a depuis redressé la barre, choisissant de privilégier des commandes à forte valeur ajoutée et la rentabilité aux volumes.

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