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2025, l’année de l’informatique quantique ?
L’ONU célèbre les 100 ans de la mécanique quantique en faisant de 2025 l’année des sciences et technologies quantiques. Un domaine passionnant, qui touche de nombreux secteurs, y compris celui de l’informatique.

L’informatique est le domaine d’application des sciences quantiques qui défraie aujourd’hui le plus régulièrement la chronique. Contrairement à l’informatique classique, où chaque étape d’un calcul doit être individuellement appliquée à chaque donnée, les calculateurs quantiques permettent d’appliquer en une seule fois plusieurs opérations à un ensemble de données. S’il est difficile d’aller plus loin dans les comparaisons, tant ces approches sont différentes, l’informatique quantique promet de révolutionner les traitements portant sur des ensembles massifs de données.
Les applications potentielles de l’informatique quantique sont multiples. La plus régulièrement évoquée est la possibilité de l’utiliser pour casser des clés de chiffrement. Une menace suffisamment crédible pour que l’industrie y réponde au travers de techniques dites de cryptographie post-quantique, qui devraient pouvoir contrer les attaques venant des futurs calculateurs quantiques.
Dans ce contexte, les récentes déclarations du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, prennent tout leur sens avec l’annonce de l’ouverture prochaine d’un « observatoire du quantique ». Ce dernier fera la part belle à l’informatique quantique, dont les avantages sont annoncés comme clés « en termes de traitement des données, de communications sécurisées et de capacité de détection des missiles ennemis », selon le communiqué du ministère des Armées.
Des annonces nombreuses, mais souvent accueillies avec scepticisme
Depuis quelques mois, nous assistons à une surenchère dans les annonces de calculateurs quantiques. Fin 2024, Google levait le voile sur Willow, un processeur quantique qui aurait réalisé un calcul en moins de cinq minutes, là où un des plus puissants supercalculateurs de la planète prendrait 10 puissance 25 années. Plus récemment, le canadien D-Wave, annonçait être le premier à avoir réussi à résoudre un problème concret de simulation des matériaux, avec un calcul réalisé en 20 minutes, contre un million d’années pour les supercalculateurs les plus puissants. Depuis, des chercheurs chinois ont présenté le Zuchongzhi 3.0, un processeur quantique qui afficherait une puissance proche de celui de Google. Et pendant ce temps, IBM, l’acteur historique du secteur, continue à améliorer son offre. Bref, la course se poursuit.
David FEUGEY
Tous ces acteurs visent le même objectif : être les premiers à avoir incontestablement franchi le seuil de la « suprématie quantique ». C’est le seuil au-delà duquel plus aucun supercalculateur classique ne pourra espérer rattraper ses homologues quantiques. À chaque annonce, la communauté scientifique exprime toutefois un certain scepticisme face à ces calculateurs quantiques imparfaits, dont les avancées peinent encore à masquer les limites.
L’informatique quantique, bientôt sur le cloud ?
Les grands opérateurs de cloud (« hyperscalers ») parient sur le fait que les ordinateurs quantiques resteront longtemps hors de portée des PME, du fait tout d’abord de leur prix, mais aussi de leur complexité de mise en œuvre. Ils misent donc sur le cloud comme voie privilégiée pour accéder à la puissance des calculateurs quantiques.
En 2025, les derniers retardataires – Microsoft et Amazon – ont levé le voile sur leurs processeurs quantiques. Dorénavant, les hyperscalers les plus connus ont tous un processeur quantique en test : Willow chez Google, Majorana 1 chez Microsoft et Ocelot chez Amazon. Même OVHcloud s’y est mis, avec le déploiement d’un ordinateur quantique fourni par la jeune pousse Quandela. Une offre 100% française !