Jeux vidéo: Ubisoft s'offre "un nouveau chapitre" avec une filiale centrée sur ses marques phares
Empêtré dans des difficultés financières, le géant français des jeux vidéo Ubisoft accélère sa transformation en annonçant jeudi une nouvelle filiale, lancée en partenariat avec le groupe chinois Tencent et qui réunira ses marques les plus...

Empêtré dans des difficultés financières, le géant français des jeux vidéo Ubisoft accélère sa transformation en annonçant jeudi une nouvelle filiale, lancée en partenariat avec le groupe chinois Tencent et qui réunira ses marques les plus fortes, dont sa série à succès Assassin’s Creed.
Valorisée 4 milliards d'euros, cette entité sera détenue à hauteur d'environ 25% par Tencent, qui apportera 1,16 milliard d'euros d'argent frais, et réunira également les sagas Far Cry et Rainbow Six, qui comptent parmi les plus populaires et lucratives du groupe tricolore.
Cette annonce, qui intervient une semaine après le lancement réussi du jeu "Assassin's Creed Shadows" dont dépendait une partie de l'avenir d'Ubisoft, est assortie de plusieurs conditions: l'entreprise française ne pourra pas perdre sa majorité dans la nouvelle entité créée pendant deux ans et Tencent ne pourra pas augmenter sa participation pendant cinq ans, à moins que son partenaire ne perde sa majorité.
"Ubisoft ouvre un nouveau chapitre de son histoire", a affirmé dans un communiqué son PDG, Yves Guillemot, alors que le groupe a connu une année 2024 difficile, émaillée de lancements décevants et d'une dégringolade boursière.
Avec cette filiale, qui doit être finalisée avant la fin de l'année et dont la dénomination n'est pas encore connue, "nous renforçons notre bilan et créons les meilleures conditions pour la croissance et le succès à long terme de ces franchises", a-t-il ajouté.
Cette transaction permet aussi au géant chinois de la tech, avec qui les frères Guillemot ont scellé une union en 2022, d'affirmer encore un peu plus sa position au sein de l'entreprise.
Tencent détient en effet près de 10% du capital d'Ubisoft - seuil qu'il n'a pas le droit de franchir avant 2030, selon l'accord -, tandis que la famille Guillemot en possède autour de 15%.
- "Marques multimilliardaires"
La mise sur pied de cette filiale conclut le processus enclenché en janvier par Ubisoft, qui souhaitait étudier diverses options pour son avenir, sur fond de rumeurs de rachat.
"On a reçu de multiples expressions d'intérêt qui se sont traduites par plusieurs offres non engageantes sur différentes options", a indiqué jeudi Frédérick Duguet, son directeur financier, lors d'une conférence téléphonique.
Le choix des dirigeants d'Ubisoft s'est porté sur la création de cette filiale car "elle permettait à Ubisoft de garder le contrôle de ses actifs clés, en vue de créer de très grosses marques multimilliardaires dans les prochaines années", a-t-il poursuivi, alors que davantage de détails sur le fonctionnement du groupe seront annoncés dans un second temps.
A la clôture de la Bourse de Paris jeudi soir, l'actuel Ubisoft était valorisé à hauteur de 1,7 milliard d'euros, soit plus de deux fois moins que la nouvelle filiale à elle seule.
Basée en France et consolidée dans les comptes d'Ubisoft, cette nouvelle structure aura sous sa responsabilité les équipes travaillant sur les trois principales sagas de l'éditeur, notamment dans les locaux de Montréal qui comptent parmi les plus importants de l'entreprise.
L'éditeur compte près de 18.000 salariés dans le monde, dont environ 4.000 en France.
Après plusieurs lancements en demi-teinte, Ubisoft a retrouvé cette semaine le chemin du succès avec "Assassin's Creed Shadows", dernier épisode en date de sa saga phare, qui a rassemblé plus de 3 millions de joueurs depuis sa sortie le 20 mars.
Malgré cela, il compte poursuivre son plan de réduction des coûts entamé début 2023 et qui a déjà entraîné des fermetures de studios à l'étranger et le départ de près de 2.000 salariés.
Il s’inscrit dans une crise de croissance plus large que traverse le secteur du jeu vidéo dans le monde depuis deux ans.
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