Boulogne-sur-Mer : Une gestion innovante et durable de l'eau
La ville adopte des solutions innovantes et proactives pour anticiper les défis liés à la gestion de l'eau, en combinant modernisation des infrastructures, recyclage des eaux usées et technologies de traitement avancées, afin de répondre aux enjeux climatiques.

À Boulogne-sur-Mer, l'eau est bien plus qu'une simple ressource naturelle. «Elle représente un défi. Et ce, pas un défi uniquement parce que nous sommes entourés par la mer, mais aussi parce que notre territoire a déjà souffert de deux sécheresses, sans oublier les inondations qui l'ont touché», rappelle Frédéric Cuvillier, maire de la ville. Face à ces phénomènes extrêmes, la municipalité s’efforce d'anticiper et d’adapter ses infrastructures pour mieux gérer les crises futures. «Prévenir coûte huit fois moins cher que réparer», insiste l'édile.
Mais la question de l’eau implique d’autres enjeux majeurs. «Nous devons aussi nous pencher sur son traitement, moderniser nos infrastructures, optimiser l’utilisation des eaux usées et envisager des solutions comme le dessalement», poursuit Frédéric Cuvillier. C’est dans ce contexte que s’est tenu, le 27 mars dernier, un débat à l’Embarcadère de Boulogne-sur-Mer. Organisée autour des défis climatiques et économiques liés à la gestion de l’eau, cette rencontre avait pour principal intervenant le groupe Veolia. De nombreux acteurs du territoire y ont pris part : élus, entrepreneurs et représentants d’associations, tous conscients de l’urgence d’une stratégie adaptée aux réalités du changement climatique.
Des solutions déjà mises en place
Pour se préparer aux défis de demain, Boulogne-sur-Mer a déjà mis en place plusieurs solutions. Parmi elles, un bassin de rétention situé sous la Place de France, capable d’accueillir l'équivalent de huit piscines olympiques, limite les risques d’inondation en retenant les eaux de pluie. «Nous avons également construit la station d’épuration Séliane, la plus grande du Pas-de-Calais en termes de capacité de traitement des eaux usées. Elle reçoit, à la fois, les eaux des particuliers et celles des professionnels de Capécure», ajoute Frédéric Cuvillier.
Autre sujet de taille, la diversification des sources d'eau qui est primordiale pour assurer une gestion pérenne des ressources. Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, rappelle que «la réutilisation des eaux usées est essentielle. En Espagne, 15% des eaux usées sont réutilisées, contre seulement 1% en France». Un constat qu’elle applique également à la question de l'eau utilisée pour le nettoyage urbain. «Il est impératif de cesser de laver les villes avec de l’eau potable». La réutilisation des eaux traitées et l’exploitation de l’eau de pluie deviennent ainsi des solutions d’avenir à intégrer dans chaque projet d’aménagement urbain.
Une innovation à Boulogne-sur-Mer
Dans le cadre de sa volonté de répondre aux défis climatiques, la ville de Boulogne-sur-Mer va aller encore plus loin. La station d’épuration Séliane va intégrer la technologie des cellules «biostyr duo anammox» d’ici 2026. Ce procédé innovant permet de réduire la consommation de méthanol et d'énergie tout en transformant l'azote ammoniacal en azote gazeux. Déjà testé à Auvers-sur-Oise (Val-d'Oise), il a engendré une réduction de 25% de l’utilisation de méthanol. Séliane sera ainsi l'une des premières stations en France à adopter cette technologie de pointe. Face à l'urgence du changement climatique, Boulogne-sur-Mer entend agir rapidement et sur plusieurs fronts pour préserver ses ressources en eau.
Pour Aletheia Press, Lolita Péron