Start-up
BluePad, une réussite messine
Optimiser la gestion de projets de construction, industriels, d’exploitation par la mobilité offerte par les smartphones et tablettes tactiles : c’est le cœur de métier de l’entreprise messine BluePad. Pionnière en la matière, elle suit une courbe ascendante de développement.

Une entreprise épouse le caractère, le vécu de son gérant. Loïc Cueroni pilote BluePad. Laquelle s’avère une réussite locale aux potentialités certaines. Dans son quotidien de dirigeant, il doit composer avec la maladie de Berger, pathologie auto-immune : «Cela m’a valu un mois de coma durant la pandémie. Après une telle épreuve, on ne voit plus les choses comme auparavant. D’ailleurs, j’écris actuellement un roman autobiographique sur mon expérience qui a débloqué ma prise de risque. Comme tout finit par s’arrêter de toute façon, autant profiter de l’instant présent. Ainsi, quand je planifiais à trois ans, je ne le fais plus qu’à un an. On verra bien ce qui arrivera.» En 2016, il se lance dans la concrétisation de son projet entrepreneurial, aux côtés de Michel Kuehn. «On se connaît depuis l’enfance !». Ajoutant : «Quand j’avais six ans, je voulais soit être président de la République ou chef d’entreprise. Une nuit, j’ai rêvé de mon futur projet. Cela m’a tellement angoissé que je n’ai pas pu faire autrement que de le réaliser.» Dans leurs compétences complémentaires, Loïc Cueroni, issu du lycée Fabert, diplômé en ingénierie aménagement et construction à CentraleSupélec, passé par la construction de projet chez Demathieu Bard, Michel Kuehn, ingénieur Télécom, fort d’une expérience opérationnelle chez un éditeur de logiciel européen, allait trouver ce dessein commun. Au départ, BluePad s’appuie sur le développement d’un logiciel d’organisation de travaux pour les gros chantiers de construction, là où il y a besoin d’une coordination en temps réel. Le numérique répond à cette réactivité et cette adaptabilité. Ce qui peut paraître comme une évidence en 2025 l’était moins il y a une décennie.
Les ambitions 2025
Loïc Cueroni dit avoir été marqué par deux expériences formatrices : «La première, j’ai vu la réalité d’une faillite, celle de l’entreprise artisanale de mon père. La seconde, la gestion des contrats export que l’on m’a confiée chez Demathieu Bard.» BluePad a franchi les étapes d’un développement maîtrisé : obtention de marchés stratégiques grands comptes, lancement de son module R.E Location à destination des bailleurs sociaux, contribution décisive au déploiement de la fibre optique dans les départements, numérisation de la cartographie des opérateurs télécoms. «Nous avons débuté chez moi. Ce fut chaotique. Puis intégré Bliiida avant de nous installer sur le Technopôle puis d’emménager en juin dernier dans ce vaste espace hyperfonctionnel, boulevard de la Solidarité. Quelque part c’est la démonstration que nous sommes devenus une vraie entreprise.» BluePad s’appuie sur une équipe de dix personnes, réalise un chiffre d’affaires de 1 M€, en gardant son ADN : piloter des projets de construction à partir d’un smartphone ou d’une tablette tactile. «Notre logiciel apporte un accompagnement de qualité sur le terrain», souligne Loïc Cueroni. La plateforme permet en effet d’accéder aux documents à tout endroit, d’impliquer les différents acteurs via des systèmes d’alerte et de notification et de garder une traçabilité de chaque action. Pour 2025, les objectifs sont balisés : densifier le réseau de clientèle, développer de nouveaux produits, innover avec le 2e temps du logiciel, se pencher sur la cybersécurité, regarder à l’export. «De quoi je suis le plus fier ? De la manière avec laquelle nous avons porté la fibre optique. Partout ou presque où elle est installée, c’est grâce à BluePad.» Le cycle de vie d’une entreprise n’est pas un long fleuve tranquille. BluePad aura été ébranlée par l’incendie OVH à Strasbourg en 2021. Elle s’en releva. Comme de ce phénomène de démissions dans la mouvance de celles survenues durant la Covid-19 dans beaucoup d’entreprises. L’équipe sut se reformer. «Je le disais, tout est éphémère. Entrepreneur, c’est être happé à chaque seconde, prendre des décisions en permanence, travailler durant les vacances. Ce n’est pas toujours compris. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient, ses valeurs. La vie nous remet rapidement à notre place !»

Le numérique au service de la construction. © Laurent SIATKA