Assurance: Munich Re maintient ses objectifs malgré le coût record des incendies de Los Angeles

Le premier réassureur mondial Munich Re a indiqué mercredi que les incendies record qui ont frappé la Californie en janvier pourraient lui coûter 1,2 milliard d'euros, mais sans que cela...

Une maison en feu le 8 janvier 2025 dans le quartier d'Altadena à Los Angeles, en Californie © JOSH EDELSON
Une maison en feu le 8 janvier 2025 dans le quartier d'Altadena à Los Angeles, en Californie © JOSH EDELSON

Le premier réassureur mondial Munich Re a indiqué mercredi que les incendies record qui ont frappé la Californie en janvier pourraient lui coûter 1,2 milliard d'euros, mais sans que cela ne remette en cause ses objectifs annuels.

Cette estimation du coût d'assurance pour les incendies ayant touché Los Angeles et ses environs est jugée "raisonnable", bien que "l'incertitude demeure élevée" quant au montant final, a déclaré Christoph Jurecka, directeur financier du groupe, lors d'une conférence téléphonique.

Le groupe munichois, spécialisé dans la couverture des risques financiers des assureurs, considère cet événement comme le plus grand sinistre lié aux feux de forêt jamais enregistré par l'industrie de l'assurance. 

"Nous estimons les dommages pour le marché entre 35 et 40 milliards de dollars", selon M. Jurecka.

La part supportée par ce géant du secteur, qui est aussi assureur primaire en Californie, semble ainsi limitée.

"Nous avons pris des décisions réfléchies ces dernières années concernant le risque d'incendie de forêt en Californie, et avons certainement réduit le risque par rapport à il y a 5 ans", a expliqué le directeur financier.

En d'autres termes, pour se protéger contre des pertes importantes dans cette région à haut risque d'incendie, Munich Re a pu jouer sur la taille de son portefeuille de clients ou modifier les conditions dans les contrats.

La société météorologique privée AccuWeather avait estimé plus tôt les pertes économiques globales à entre 250 et 275 milliards de dollars, sans préciser la part des pertes assurées. 

Munich Re va ressentir l'impact de cette catastrophe sur le premier trimestre de 2025. 

Appétit" pour le risque

Malgré tout, Munich Re continue de prévoir un bénéfice net en hausse en 2025, à 6 milliards d'euros, comme communiqué en décembre. 

"L'année est encore longue", mais la catastrophe en Californie "s'intègre parfaitement dans notre budget réservé pour les grands sinistres cette année", a affirmé M. Jurecka.

Pour l'année 2024, il a fait état d'un bénéfice net de 5,7 milliards d'euros en 2024, meilleur que les 5 milliards prévus mais conforme aux attentes des analystes interrogés par FactSet.

Au quatrième trimestre, le résultat net est en léger retrait de 3% sur un an, à 979 millions d'euros, en deçà des attentes des analystes.

Le groupe munichois a néanmoins décidé d'augmenter le dividende à 20 euros par action (contre 15 euros au titre de l'exercice 2023) et va lancer un programme de rachat d'actions de 2 milliards d'euros, portant le retour aux actionnaires à 4,6 milliards d'euros, selon un communiqué distinct publié mardi soir.

Les sinistres majeurs ont coûté en tout l'an dernier 3,89 milliards d'euros, dont 2,64 milliards d'euros liés aux catastrophes naturelles, le plus coûteux étant l'ouragan Helene qui a frappé le sud-est des Etats-Unis (0,5 milliard d'euros).

Au quatrième trimestre, l'ouragan Milton, dans la même région, a généré des pertes de 400 millions d'euros.

Munich Re garde de "l'appétit pour couvrir les risques de grande envergure", soit les ouragans, typhons ou tremblements de terre, y compris les incendies de forêt, tant que la "rémunération du risque est adéquate", a expliqué le patron du groupe, Joachim Wenning.

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