Arrestation d'Antonio Ferrara: un projet d'attaque d'un centre-fort allemand "déjoué"

Un "projet d'attaque à main armée imminente" sur un centre-fort en Allemagne a pu être "déjoué": les autorités françaises et belges se sont félicitées vendredi de la coopération ayant mené à l'arrestation du braqueur multirécidiviste Antonio Ferrara...

 © Dimitri KORCZAK
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Un "projet d'attaque à main armée imminente" sur un centre-fort en Allemagne a pu être "déjoué": les autorités françaises et belges se sont félicitées vendredi de la coopération ayant mené à l'arrestation du braqueur multirécidiviste Antonio Ferrara et de onze autres suspects, "chevronnés et déterminés".

"Depuis quelques jours, les préparatifs de l'attaque semblaient s'intensifier et tout portait à croire que l'attaque était imminente", a indiqué le procureur du Roi Julien Moinil, lors d'une conférence de presse à Bruxelles, avec la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau.

"Une action coordonnée a donc été mise en place afin d'interpeller les suspects avant qu'ils ne passent à l'acte", a-t-il poursuivi.

Jeudi matin, neuf personnes, dont le braqueur multirécidiviste français Antonio Ferrara, 51 ans, ont été interpellées à Eupen, dans la province de Liège, à proximité de la frontière allemande. Trois autres personnes ont été arrêtées à Bruxelles.

Leurs auditions par un juge d'instruction belge sont en cours. 

L'enquête de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, visant notamment Antonio Ferrara, avait été ouverte le 15 novembre 2024, confiée à l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO).

Voyant que les suspects s'organisent de part et d'autre de la frontière franco-belge, une équipe commune d'enquête franco-belge est créée.

Des suspects aux "noms bien connus des autorités belges et autorités françaises", présentant un "lourd passé criminel les rendant potentiellement d'autant plus dangereux", a souligné M. Moinil.

Le projet d'attaque se précise: celui d'un centre-fort à Bochum (nord-ouest de l'Allemagne). Et les préparatifs s'accélèrent.

Le 27 février, "les suspects semblaient rassembler matériel, véhicules et armes nécessaires à l'attaque", puis montaient à bord de quatre véhicules de luxe et une camionnette, selon Julien Moinil.

En réaction, les autorités allemandes ont sécurisé le dépôt et 80 membres de la police judiciaire fédérale belge et 70 membres des unités spéciales belges ont été mobilisés.

Résultat, "les malfaiteurs ont, semble-t-il, décidé de reporter l'attaque" et "se sont repliés dans une maison louée à Eupen, en région germanophone, en Belgique."

"Le projet a pu être déjoué", s'est félicité le procureur du Roi.

Rattrapés" malgré les "frontières

Les forces de l'ordre les ont ensuite interceptés quand ils "ont tenté de quitter ce lieu séparément".

En essayant de fuir en voiture, l'un des suspects "aurait délibérément foncé et renversé un membre des forces de l'ordre, obligeant celles-ci à ouvrir le feu et blessant le conducteur du véhicule". L'homme blessé a été hospitalisé en Allemagne et une enquête est en cours.

Pour M. Moinil, "l'intervention de la police et des unités spéciales est parfaitement conforme à la loi": il n'y a "aucun grief à faire à la police".

Lors des perquisitions, six armes de guerre, des fusils d'assaut, six armes de poing, quatre grenades détonantes, un pain d'explosifs, une quinzaine de détonateurs, des gilets pare-balle, des uniformes et de nombreux jerricanes d'essence ont été saisis notamment. L'arsenal a été présenté à la presse vendredi.

"Nous avons, je crois, collectivement à faire face aujourd'hui à des réseaux de criminalité organisés qui ne sont arrêtés ni par nos lois, ni par le recours à la violence et qui savent déployer tous les moyens pour développer leur activité criminelle", a estimé la procureure de Paris Laure Beccuau. 

"Pour eux, jusqu'à présent, les frontières étaient des outils". Mais le coup de filet de jeudi "les convaincra, je l'espère, que ce n'est plus le cas et que même s'ils franchissent les frontières, ils seront rattrapés", a-t-elle ajouté, saluant l'entraide pénale internationale et le concours de l'organe de coopération judiciaire de l'Union européenne, Eurojust.

Né le 12 octobre 1973 dans le sud de l'Italie, et arrivé en France à l'âge de 10 ans, quand sa famille s'est installée à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), Antonio Ferrara a été condamné pour des braquages et une tentative de meurtre ainsi que pour ses deux évasions.

Surnommé le "roi de la belle" pour s'être évadé à deux reprises de prison, Antonio Ferrara avait été libéré en juillet 2022 de la prison de Réau (Seine-et-Marne) après avoir fini de purger sa peine.

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