A Bétharram, le soutien aux victimes mais aussi à l'institution
Ils soutiennent "ce que vivent les victimes et leurs souffrances", mais ont une "totale confiance" dans l'équipe pédagogique actuelle: des dizaines de parents d'élèves sont venus prendre des renseignements ou inscrire leurs enfants vendredi soir...

Ils soutiennent "ce que vivent les victimes et leurs souffrances", mais ont une "totale confiance" dans l'équipe pédagogique actuelle: des dizaines de parents d'élèves sont venus prendre des renseignements ou inscrire leurs enfants vendredi soir aux journées portes ouvertes du collège de Bétharram.
"Bien entendu qu'on soutient tout à fait ce que vivent les victimes et leurs souffrances. On compatit bien entendu", déclare Emmanuelle, mère de deux enfants scolarisés dans l'institution catholique béarnaise de Lestelle-Bétharram, au coeur d'une tempête depuis le dépôt de plus de 150 plaintes pour violences physiques et sexuelles subies par d'anciens élèves.
"Cependant, ma dernière elle va y aller, elle va rentrer en 6e. Et j'ai une confiance les yeux fermés en Monsieur Clercq, le proviseur", a-t-elle ajouté, soulignant que sa fille aînée a "été épanouie" en 4e et 3e. "Elle s'est fait des nouveaux copains, elle a eu des activités et c'est ce qui lui a convenu en termes d'enseignement".
"Ce n'était pas sévère comme autrefois. On connaissait tous la réputation qu'avait Lestelle(-Bétharram) autrefois. On l'entendait quand on était d'ici, mais ce n'est pas ce que j'ai ressenti", a-t-elle poursuivi.
Les gifles, le supplice du "perron", obligeant les adolescents jugés agités à rester en sous-vêtements une à deux heures dehors en plein hiver sur le perron bordant le gave de Pau, font partie des sévices dénoncés entre 1957 et 2004, selon le procureur de Pau, Rodolphe Jarry.
Un ancien prêtre et deux anciens surveillants du collège-lycée, fondé en 1837 à Lestelle-Bétharram et rebaptisé "Le Beau Rameau" en 2009, ont été placés en garde à vue le mois dernier. Le plus jeune des laïcs a été mis en examen et écroué pour des agressions sexuelles et viols commis de 1991 à 2004.
Aucune remontée récente
L'institution, qui accueille au total 500 élèves, en tenant compte de l'école et du lycée située à Igon, une commune voisine, n'a toutefois fait l'objet "d'aucune remontée récente", a déclaré la semaine dernière la rectrice de l'Académie de Bordeaux, Anne Bisagni-Faure, au premier jour d'une inspection académique portant sur son "fonctionnement actuel" et le respect de son contrat avec l'Etat.
Le lendemain de l'arrivée des inspecteurs académiques, l'établissement a aussi reçu la visite des rapporteurs d'une commission d'enquête parlementaire, créée le mois dernier à la suite de ce scandale.
Bétharram "est médiatisé pour le moment, peut-être que demain ça sera un autre," relativise Yvan, père d'un fils scolarisé et qui se renseigne pour sa fille. "Il y en a tellement qu'on ne sait même plus, sinon il faudrait qu'on fasse l'école à la maison".
Sylvain assure, lui, n'avoir eu "aucun problème avec l'enfant qui est scolarisé". "On a une totale confiance dans l'équipe pédagogique", ajoute-t-il.
Côté élèves, "ça nous a atteints", reconnaît Leïla, en 4e, "mais on a été accompagnés au mieux qu'on pouvait", avec notamment la mise en place de cellules d'écoute psychologique. "On était plutôt bien dans notre établissement, malgré les caméras qui sont venues".
"On se rendait compte de rien, ça ne se remarquait pas, le collège était super", déclare à ses côtés Daniel, élève de 3e.
Le surveillant mis en examen et écroué le mois dernier était encore en poste en février 2024, mais tous deux assurent n'avoir jamais été en contact avec lui, car il travaillait surtout avec les internes.
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