La Poste triple son bénéfice net, son patron vante la "solidité" du groupe
La Poste a triplé son bénéfice net en 2024, prouvant la "solidité" du groupe, a assuré son patron sur le départ Philippe Wahl alors que la Cour des comptes critique sa rentabilité et préconise...

La Poste a triplé son bénéfice net en 2024, prouvant la "solidité" du groupe, a assuré son patron sur le départ Philippe Wahl alors que la Cour des comptes critique sa rentabilité et préconise de raboter ses missions de service public.
Durant ses douze années de mandat, qui s'achèveront fin juin, M. Wahl aura eu à relever un défi de taille: compenser les faramineuses pertes liées à la baisse des volumes de courrier, pour maintenir le navire La Poste à flot.
En dix ans, les revenus de La Poste se sont effrités de 6,5 milliards d’euros en raison du changement d'habitude des Français, "soit l'équivalent du chiffre d’affaires mondial d’un autre groupe public, la RATP", aime rappeler M. Wahl.
Pour y faire face, ce dernier a choisi de diversifier les activités du groupe: livraison express de colis, portage de repas aux personnes âgées, téléphonie...
Une stratégie qui semble avoir fonctionné puisqu'en 2024 La Poste a quasiment triplé son bénéfice net, à 1,4 milliard d'euros, pour un chiffre d'affaires de 34,6 milliards (+1,5%).
L'assureur CNP Assurances, filiale de La Banque Postale, y contribue largement, affichant toujours une santé financière éclatante, avec 1,58 milliard d'euros de bénéfice net.
Ainsi que la cession de son activité de La Poste Mobile, qui a généré plus de 500 millions d'euros de profit.
Cette plus-value montre "qu’on peut créer de la valeur avec la diversification", a lancé le PDG, faisant référence aux critiques de la Cour des comptes qui estime que les activités de diversification de La Poste ne sont pas suffisamment rentables.
La Poste a par ailleurs entrepris en 2024 "un effort de rigueur" sur les investissements, même s'ils restent "élevés" pour soutenir son développement, selon Stéphanie Berlioz, directrice générale adjointe chargée des finances.
Le PDG s'est également réjoui des bons résultats de Geopost, sa filiale de colis à l’international, dont le chiffre d'affaires de 15 milliards d’euros est en croissance malgré la relative atonie du secteur de l'e-commerce.
En 2023, le bénéfice net s'était établi à 514 millions d’euros, une mauvaise performance due à la panne "des deux moteurs de croissance" de La Poste que sont le secteur de la banque et Geopost, a analysé M. Wahl.
Tensions sur les services publics
Ce résultat de 2024 est "un des plus importants de notre histoire" et témoigne "de la solidité du modèle stratégique de La Poste", a défendu Philippe Wahl.
D'autant que le groupe est "sous-compensé" par l'Etat pour ses missions de service public, à savoir la distribution du courrier et de la presse, l'aménagement du territoire et l'accessibilité bancaire.
Cette sous-compensation a coûté à La Poste 1,2 milliard d'euros en 2023, souligne fréquemment M. Wahl.
Le 17 février dernier, la Cour des comptes a publié sur son site une note révélant qu'elle avait "analysé la trajectoire financière du groupe La Poste pour les exercices 2019 à 2023".
Elle a dans la foulée formulé des préconisations auprès du Premier ministre, dont l'adaptation des missions de service public "au recul de leur usage" et l'ajustement de la compensation "à hauteur du déficit comptable qui en résulte".
M. Moscovici conseille aussi de "s'interroger désormais sur la fréquence de distribution du courrier", soulignant que la France était "l'un des derniers pays" en "6 jours sur 7".
"Le 6 jours sur 7, nous y sommes très attachés car s’y joue l’avenir des facteurs", a réagi M. Wahl, demeurant circonspect sur les économies réalisées par la suppression de la livraison le samedi, qu'il estime à "une cinquantaine de millions d'euros".
Sur l'aménagement du territoire, la Cour des comptes conseille d'intégrer les bureaux de poste dans les locaux de France Services pour réaliser des "économies rapides".
Des propositions qui ont suscité l'ire des syndicats qui prédisent "un alourdissement de la charge de travail" et dénoncent "une vision particulièrement étroite et focalisée sur les profits".
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