La grande distribution veut écouler les produits des agriculteurs en difficulté, avec l'aide des médias

Plusieurs enseignes de grande distribution, rassemblées au Salon de l'agriculture mercredi à l'initiative de l'animatrice Karine Le Marchand, ont dit vouloir aider les producteurs agricoles en difficulté à écouler leur production et appelé les médias à relayer des "alertes" quand le prix...

Un supermarché à Issy-les-Moulineaux (banlieue sud de Paris), le 16 mai 2024. © JOEL SAGET
Un supermarché à Issy-les-Moulineaux (banlieue sud de Paris), le 16 mai 2024. © JOEL SAGET

Plusieurs enseignes de grande distribution, rassemblées au Salon de l'agriculture mercredi à l'initiative de l'animatrice Karine Le Marchand, ont dit vouloir aider les producteurs agricoles en difficulté à écouler leur production et appelé les médias à relayer des "alertes" quand le prix d'un fruit ou légume en surproduction est trop bas.

"Les agriculteurs qui se déclarent en difficulté et qui emploient 2 salariés hors saisonniers pourront aller voir tous les magasins partenaires à moins de 100 kilomètres de chez eux", a expliqué l'animatrice de l'émission L'Amour est dans le pré, où les agriculteurs cherchent l'amour.

"Le prix ne sera pas négocié, il n'y aura pas d'intermédiaire" et ils seront payés sous 30 jours, a-t-elle assuré, précisant en outre que le dispositif est "réservé" aux producteurs qui ne vendent pas déjà en grandes surfaces.

Le PDG de Carrefour et patron de la fédération patronale des supermarchés (FCD), Alexandre Bompard, a par ailleurs présenté une "alerte surproduction", devant aider "les filières qui se retrouvent en surproduction", notamment en raison de la multiplication des aléas climatiques.

"Cela entraîne des déséquilibres de marché et le prix s'effondre", dégradant ainsi le revenu des agriculteurs, a-t-il exposé.

"Il faut une alerte et ce sera le rôle de France Agrimer" établissement public spécialiste des produits de l'agriculture et de la mer, "qui, quand il voit un prix en baisse de 15 à 20% pendant plusieurs jours pourra alerter sur un état de surproduction", a-t-il poursuivi. 

"Il faut aussi des consommateurs qui aient envie du produit, qui comprennent qu'on est dans un moment de surproduction", a exposé M. Bompard. 

L'idée est alors "de se tourner vers les patrons de médias ou de presse pour demander à accompagner pour ces moments d'alerte", a-t-il indiqué. "Nous avons besoin que les grands organes de presse déclenchent des alertes surproduction. Dès lors qu'ils s'engagent, les consommateurs vont comprendre et on a la conviction qu'ils vont s'engager", a encore détaillé le patron du seul distributeur du Cac 40.

"On va demander aux médias d'être partenaires, on aura besoin d'eux", a précisé Karine Le Marchand, qui a en outre indiqué que les produits concernés sont "essentiellement les fruits et légumes".

Dernier point annoncé mercredi par les patrons, outre Carrefour, des Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard, de Coopérative U Dominique Schelcher, d'Auchan Guillaume Darrasse et de Casino et Monoprix Philippe Palazzi, la création d'un "observatoire des filières d'avenir" devant aider à la structuration de filières agricoles qui en auraient besoin.

Le leader du secteur, E.Leclerc, et son médiatique représentant Michel-Edouard Leclerc ne font pas partie de l'initiative. 

Les magasins Leclerc "seront là demain", veut croire Alexandre Bompard, tandis que Karine Le Marchand a estimé que "les consommateurs en tireront les conséquences".

"L'absence de Leclerc peut être problématique parce qu'au départ on avait un quatrième pilier, qu'on a dû abandonner parce qu'il n'était pas là. C'était de mettre la pression sur les industriels tous ensemble pour qu'ils soient sur la transparence de l'origine France", a détaillé Mme Le Marchand.

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