Duriez Agencement, ou l'art d'habiller les intérieurs

L'entreprise figure parmi les leaders français sur le marché de l'agencement haut de gamme. Dans son atelier de 12 000 m² à Templeuve-en-Pévèle, 115 collaborateurs fabriquent et commercialisent tous types de meubles sur-mesure à destination principalement de grands comptes et enseignes de luxe. Pierre-Yves Duriez, directeur général, nous dévoile les clés d'une réussite familiale.

Pierre-Yves Duriez et Hubert Duriez, Directeurs généraux de Duriez Agencement entourés de Christopher et Nathanaël, troisième génération des Duriez. © Lena Heleta
Pierre-Yves Duriez et Hubert Duriez, Directeurs généraux de Duriez Agencement entourés de Christopher et Nathanaël, troisième génération des Duriez. © Lena Heleta

L'histoire de Duriez Agencement, née du côté de Lomme en 1960, a tout d'une success-story. À l'origine, la société profite de la reconstruction d'après-guerre pour se spécialiser dans l'agencement de boutiques, de boulangeries, de pharmacies ou encore de boucheries. Pierre-Yves et Hubert Duriez, fils des fondateurs, reprennent les rênes de la société familiale il y a 30 ans. «Au début, on faisait de la sous-traitance pour des entreprises parisiennes d'agencement qui travaillaient à l'international. Mais celles-ci ont fini par déposer le bilan et on s'est retrouvés en direct sur des marchés parisiens. Nous avons été propulsés sur le devant de la scène !», relate le directeur général. Et pas n'importe quelle scène : Duriez débute par l'agencement de boutiques Vuitton. «Louis Vuitton nous a mis le pied à l'étrier, c'est ainsi que l'on a évolué vers le luxe». Petit à petit, l'entreprise monte en gamme : «Il y avait déjà, à cette époque, un beau marché à prendre».

12 000 m² d'atelier et un showroom

Duriez progresse chaque année au niveau de son chiffre d'affaires et suit une croissance modérée. L'effectif de 30 personnes à l'époque passe à 115 collaborateurs actuellement. Un recrutement boosté notamment par l'emménagement à Templeuve-en-Pévèle, il y a quatre ans. «Nous étions sur un site de 6 000 m² à Avelin, l'organisation n'était pas forcément optimisée, il fallait pousser les murs». En mai 2021, Duriez pose donc ses valises à Templeuve-en-Pévèle et s'offre 12 000 m² d'atelier, 1 500 m² de bureaux et un showroom, véritable atout. «Nous remportons des appels d'offres aussi grâce aux visites de ce showroom, qui s'avère un formidable outil commercial», estime Pierre-Yves Duriez. Côté production, deux pôles ont été intégrés dernièrement à l'atelier, à savoir la serrurerie fine et la tapisserie. Objectif : assurer une fabrication de A à Z pour éviter toute sous-traitance.

Deux pôles ont été intégrés dernièrement à l'atelier : la serrurerie fine et la tapisserie.© Lena Heleta
«Pour le grand luxe, il faut toujours être sur le qui-vive»

Rolex, Barclays, CMA-CGM...

L'entreprise, qui affiche un carnet de commandes «jamais autant rempli», vient de passer de 16 à 18 millions d'euros de chiffre d'affaires. Sur un marché concurrentiel, elle s'appuie sur sa fabrication sur-mesure made in France et sa réactivité, «nos principaux atouts». Duriez, qui fait partie des cinq agenceurs français les plus importants, réalise 50% de chantiers pour le tertiaire : 30% de boutiques de luxe et 20% de palaces, hôtels cinq étoiles et villas de luxe pour des clients particuliers «très haut de gamme». Parmi ses clients, on retrouve notamment Rolex, Barclays, CMA-CGM ou encore des palaces parisiens, à l'image du Royal Monceau, du Peninsula et du Prince de Galles. «Pour le grand luxe, il faut toujours être sur le qui-vive». Dans la région Hauts-de-France, Duriez a contribué à la boutique Rolex-Lepage de Lille ou encore à l'aménagement du club de golf de Mériginies. Mais actuellement, l'entreprise poursuit son accélération à l'international. De l'Allemagne à la Suisse en passant par la Bolivie, le Qatar ou encore la Côte d'Ivoire, l'agenceur multiplie les chantiers à l'étranger. «Cela nous permet d'être au fait et d'avoir un rayonnement à l'international».

Parmi les clients de Duriez, on retrouve notamment Rolex, Barclays, CMA-CGM ou encore de nombreux palaces parisiens. © Lena Heleta

«La RSE est un plus dans l'obtention d'un appel d'offres»

Depuis 4 ans, Duriez a mis en place une politique RSE bien rodée. Au total, 1 500 m² de panneaux solaires en toiture ont été installés. «Ils permettent de produire 25 à 30% de nos besoins en électricité. Aujourd'hui, on a un mégawatt de puissance installée, donc la consommation électrique de notre bâtiment est importante». Des batteries Greenrock à l'eau saline - et non pas à l'acide - permettent également de stocker à peu près 120 kilowatts d'électricité le week-end. Une chaudière bio-masse a aussi pris place sur le site, celle-ci permettant de chauffer l'entièreté du bâtiment : «Les 12 000 m² des ateliers sont complètement autonomes en chauffage car on chauffe avec nos déchets, nos copeaux de bois. S'il avait fallu chauffer au gaz, cela aurait coûté une fortune. Les économies sont de l'ordre de 400 000 euros par an». Duriez a par ailleurs mis en place une citerne de récupération des eaux pluviales. Le bâtiment étant sur un axe d'oiseaux migrateurs, il a fallu également aménager le site et faire appel à une architecte paysagiste. Plus de 400 arbres ont été plantés et un bassin de 700 m3 a été créé. «Le site en 2025 sera classé site protégé par la ligue de protection des oiseaux». Si cette stratégie RSE a été déployée pour répondre aux défis environnementaux et sociaux, elle est également un atout au niveau commercial. «La RSE est un plus dans l'obtention d'un appel d'offres», confirme le dirigeant.

Le bien-être des salariés prime

Chez Duriez, tout un étage est dédié au bien être des salariés. On y retrouve une salle de sport, des tables de ping-pong, une salle de sieste, une salle de restauration avec une terrasse extérieure, ainsi que des terrains de pétanque. Côté atelier, toute l'ergonomie des postes de travail a été repensé. Mais Duriez Agencement n'utilise encore que la moitié de la surface disponible : «La réserve foncière est importante. Il y a la possibilité de doubler la surface». L'entreprise peut donc entrevoir sereinement l'avenir.

Côté recrutement, Duriez aurait besoin de dix collaborateurs supplémentaires, notamment un(e) maraîcher(e) sur un terrain d'un hectare.© Lena Heleta

L'amorce d'une transmission

Les deux fils de Pierre-Yves Duriez, Christopher et Nathanaël, pourraient bien être à la troisième génération à la tête de la société familiale à l'avenir. «Ils sont venus vers moi, je ne les ai pas poussés», confie le dirigeant. Arrivés en 2021, ils ont fait leurs armes sur plusieurs postes, avant d'intégrer le bureau d'étude dans lequel ils évoluent actuellement en tant que chargés d'affaires au contact des architectes et des clients. 

Chiffres clés 

- 115 collaborateurs
- 12 000 m² d'ateliers
- 1 500 m² de panneaux solaires
- 18 millions d'euros de chiffre d'affaires
- 50% de chantiers pour le tertiaire
- 30% de boutiques de luxe
- 20% de palaces, hôtels cinq étoiles et villas de luxe

Après deux ans d'audit, Duriez a reçu la certification EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant).© Lena Heleta