Ces entrepreneuses «de tête, de cœur et d'action»

Le club Féminin pluriel réunit des entrepreneuses avides d'empowerment (autonomisation) sur le plan professionnel et personnel. Elles se rencontrent chaque mois pour se motiver entre elles et soutenir les actions d'autres associations qui améliorent le quotidien des femmes.

Sophie Pagan Sedjaï, présidente de Féminin Pluriel Hauts-de-France, et Élisabeth Babier, vice-présidente.
Sophie Pagan Sedjaï, présidente de Féminin Pluriel Hauts-de-France, et Élisabeth Babier, vice-présidente.

Le club Féminin pluriel Nord s’étend à la région et devient Féminin pluriel Hauts-de-France. Créé en 1992 à Paris, Féminin pluriel a été le premier réseau réservé aux femmes entrepreneuses en France. «Par entrepreneuse, nous n’entendons pas seulement ‘dirigeante’. Une salariée peut très bien être entreprenante dans son service», précise Sophie Pagan-Sedjaï. Cette dirigeante d’une société de chauffeurs privés a cofondé l’antenne Féminin pluriel à Lille en 2013. Actuellement, elle en est la présidente.

Selon elle, ce club n’est pas comparable aux autres : les membres ne sont pas particulièrement là pour faire du réseautage. Féminin pluriel viserait plutôt à permettre aux femmes de s’épanouir, autant sur le plan professionnel que le plan personnel. «Elles se réunissent pour assister à des moments inspirants, entourées d’autres femmes inspirantes. Toutes se tirent vers le haut», résume Sophie Pagan-Sedjaï.

Un club à taille humaine

Comme son nom l’indique, le club tient à la diversité et à l’authenticité de ses adhérentes. «Nous voulons des femmes sincères, et ne pas perdre de temps avec des faux semblants. Chacune est femme à sa façon : femme mère, femme qui ne veut pas d’enfant, ou qui ne peut pas, femme coquette ou non… De la même manière, nous ne tenons pas compte du fait que certaines membres soient moins actives que d’autres dans la vie du club : nous accompagnons les femmes dans tous leurs moments de vie, si elles doivent garder leur enfant, surmonter un moment difficile en famille : nous comprenons et soutenons la personne.»

Dans cette diversité, trois traits de caractère communs sont toutefois recherchés : «Nos adhérentes doivent être des femmes de tête, de cœur et d’action», affirme la présidente Hauts-de-France. Et un tel état d’esprit nécessite une certaine maturité professionnelle. Ainsi, la moyenne d’âge des membres est de 45 ans. Seules deux adhérentes ont moins de 30 ans. Appelées «pépites», ces jeunes recrues ont été acceptées pour le potentiel qu’elles présentaient. La fédération Féminin pluriel est présente dans 15 pays. Une bonne maîtrise de l’anglais est alors un autre critère pour entrer dans le cercle. Plus qu’un simple critère de tri, cette condition permet aux membres de profiter pleinement de toutes les actions menées en interaction avec les autres antennes du club – dont le congrès annuel, qui réunit les 500 membres de la Fédération à travers le monde. «En général, ce n’est même pas une vraie condition d’entrée, car la majorité des membres sont des femmes dont le poste implique des notions d’anglais au travail», précise Sophie Pagan-Sedjaï.

Le club ne veut donc pas pour autant être qualifié de sélectif. «Nous voulons simplement rester à taille humaine. Il n’y a que très peu de nouveaux membres chaque année, pour que tout le monde puisse se connaître», continue la présidente.

Laisser une trace

Au sein de Féminin pluriel, l’individuel est aussi important que le collectif. L’objectif est certes de s’aider entre membres, mais aussi d’agir pour la cause féminine en dehors du club. «Nos actions sont en faveur de la défense des droits de la femme, de l’accès à l’éducation ou encore de l’indépendance financière. Nous participons par exemple à des actions de soutien auprès d’association comme Toutes à l’école», cite Sophie Pagan-Sedjaï. Le credo des membres de la Fédération est d’ailleurs «Penser, partager et agir pour laisser une trace», ou plutôt «Think, share and act to leave a mark»…