Après Mohamed Amra, de premiers complices présumés du narcotrafiquant devant des juges d'instruction
Après le narcotrafiquant Mohamed Amra, mis en examen mardi à Paris et incarcéré dans une prison ultra-sécurisée, le tour de ses complices présumés. Des juges d'instruction parisiens ont commencé jeudi à étudier le sort d'une première vague de potentiels...

Après le narcotrafiquant Mohamed Amra, mis en examen mardi à Paris et incarcéré dans une prison ultra-sécurisée, le tour de ses complices présumés. Des juges d'instruction parisiens ont commencé jeudi à étudier le sort d'une première vague de potentiels soutiens de sa sanglante évasion en mai 2024.
Jeudi, en milieu de journée, une dizaine de suspects ont commencé à être présentés aux magistrats instructeurs de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée) en vue de leur possible mise en examen, selon des sources proches du dossier.
Un dispositif de sécurité renforcée a été mis en place autour de l'enceinte du tribunal judiciaire de Paris, en vue de leur venue.
S'ils sont mis en examen, ils pourraient ensuite comparaître plus tard dans la journée devant des juges des libertés et de la détention qui devraient se prononcer sur leur placement ou non en détention provisoire.
Des sources proches du dossier ont évoqué une procédure complexe et touffue, dans laquelle l'analyse de la téléphonie a joué un rôle essentiel.
L'arrestation de Mohamed Amra, surnommé "La Mouche", samedi en Roumanie pour cause de mandat d'arrêt européen, a donné le feu vert à plusieurs séries d'interpellations, en France, mais aussi à l'étranger.
Profils extrêmement différents
Au total, 28 personnes ont été placées en garde à vue en France.
Mercredi soir sur France 5, la procureure de Paris Laure Beccuau a indiqué que 22 l'étaient toujours en début de soirée.
Une source proche du dossier a affirmé plus tard dans la soirée à l'AFP qu'il n'y avait plus que 19 personnes en garde à vue.
Par ailleurs, deux personnes ont été arrêtées au Maroc et une en Espagne ces derniers jours. Les formalités d'extradition ou de remise à la France "sont en cours", selon le parquet.
Parmi la vingtaine de mis en cause se trouvent "une partie des suspects" des meurtres des deux agents pénitentiaires à Incarville (Eure) en mai dernier lors de l'évasion de Mohamed Amra, a déclaré la procureure de Paris.
Mme Beccuau a évoqué des "profils extrêmement différents" repérés notamment par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) durant neuf mois d'investigations.
"M. Amra a su recruter une équipe de fidèles qui ont su recruter des gens avec des spécialisations: vol de véhicules, maquillage, téléphonie...", a-t-elle détaillé.
"Chacun a eu un moment ou à un autre son rôle dans cette fuite", a-t-elle ajouté.
Mme Beccuau avait auparavant confirmé la présence parmi les interpellés "d'un certain nombre" de membres de la "Black Mafia Family", une organisation criminelle basée en Normandie, spécialisée dans le trafic de stupéfiants.
"La plupart" des personnes présentées jeudi à la justice "ont déjà un casier judiciaire", a souligné l'une des sources proches du dossier.
Drame créé
Le 14 mai 2024, Mohamed Amra avait été extrait de sa cellule normande pour un interrogatoire devant un juge d'instruction.
Un commando en avait alors profité pour attaquer, à la voiture-bélier et au fusil d'assaut, le fourgon pénitentiaire au péage d'Incarville pour libérer le détenu multirécidiviste, tuant deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et en blessant trois autres.
La France avait alors découvert l'existence de Mohamed Amra: adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement "dérivé vers la violence", pour rejoindre la grande criminalité organisée, d'après un rapport de l'Inspection générale de la justice (IGJ).
Avant son évasion, Mohamed Amra était déjà mis en examen dans deux informations judiciaires de nature criminelle. Et d'après l'IGJ, la justice le soupçonnait aussi d'être "impliqué dans cinq autres procédures".
Mardi, Mohamed Amra, qui aura 31 ans le 10 mars, a été mis en examen par des magistrats instructeurs de la Junalco pour meurtres, tentative de meurtres, évasion, vol et recel de vol, le tout en bande organisée, ainsi que pour association de malfaiteurs.
Il a été incarcéré à l'isolement dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe, où il affrontera à "des consignes d'extrême fermeté", selon le ministre de la Justice Gérald Darmanin.
Son avocat, Hugues Vigier, a indiqué au journal Paris Normandie mercredi son espoir que son client "mesure le drame qu'il a créé".
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