Portrait

Agronov 2 : Dijon Métropole remet 8 millions d’euros dans l’agriculture de demain

Dix ans après un premier investissement de 10 millions d’euros, Dijon Métropole poursuit le développement du site Agronov, à Bretenière. La collectivité engage 8 millions d’euros dans l’extension du site, avec l’ambition d’attirer de nouvelles entreprises et de renforcer un écosystème consacré à l’innovation agricole et agroécologique.

À Bretenière, Agronov change d’échelle. Dijon Métropole investit 8 millions d’euros TTC dans une deuxième phase d’aménagement, soutenue à hauteur de 1,5 million d’euros par la Région Bourgogne-Franche-Comté. L’opération prévoit notamment la réhabilitation du bâtiment C, soit environ 1 200 m² de bureaux et laboratoires, ainsi que la construction d'un bâtiment technique de 820 m² destiné en particulier aux expérimentations agricoles.

Un investissement qui prolonge les 10 millions d’euros engagés il y a dix ans pour l’hôtel d’entreprises Agronov et la Maison de l’Agriculture. «Le succès de cette première phase d’investissement, c’est près de 200 personnes qui travaillent chaque jour sur le site de Bretenière», souligne Philippe Lemanceau, vice-président de Dijon Métropole chargé de la biodiversité, de la transition alimentaire et de l’agriculture périurbaine. Le site compte aujourd’hui 14 entreprises, dont 55 salariés hébergés au sein de l’hôtel d’entreprises. Agronov 2 doit permettre d’accueillir à terme une dizaine d’entreprises supplémentaires.

Faire de l’innovation un levier de transition agricole

Au-delà de l'offre immobilière, Dijon Métropole entend consolider un écosystème réunissant entreprises, acteurs agricoles et recherche. L’association AgrOnov, qui anime la pépinière et le réseau régional d’innovation en agroécologie, fédère quelque 150 adhérents. Elle bénéficie d’un soutien annuel de 170 000 euros de la Métropole.

Pour Philippe Lemanceau, l’enjeu dépasse toutefois l’attractivité économique. Agronov constitue l’une des composantes de la politique territoriale de transition alimentaire. «L’agroécologie, c’est un processus de transition. Il n’y a pas “on en est” ou “on n’en est pas”. On est sur une dynamique de progrès», insiste-t-il. 

«L’enjeu de la Métropole, c’est de faire évoluer de concert le mieux manger et le mieux produire»

Réduction des intrants de synthèse, biodiversité, gestion de l’eau ou évolution des sols constituent autant de champs dans lesquels recherche et innovation doivent trouver des applications agricoles.

Cette stratégie entend ainsi agir simultanément sur la production et la consommation. «L’enjeu de la Métropole, c’est de faire évoluer de concert le mieux manger et le mieux produire», résume Philippe Lemanceau. Avec Agronov 2, celle-ci fait donc le pari du temps long : créer de l’activité et des emplois, mais aussi accélérer le passage de l’innovation agroécologique vers les exploitations.